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Chatenois
 
3420 Habitants
Les Castinétains    
500 m d'altitude au pied du Hannenberg Superficie: 1457 ha


HISTOIRE GENERALE  de CHATENOIS

 

    

L’origine de CHATENOIS remonte au temps des Celtes, mais les traces   de leur passage   se résument à   la découverte de quelques  objets  épars.
C’est au temps des Romains que la cité entre vraiment dans  l’histoire sous le nom de CASTINETUM (lieu planté de châtaigniers). Une borne milliaire   située non loin du Giessen rappelle  la route romaine   qui longeait les Vosges. De même    2 dalles de grès  représentant les  dieux romains  Mercure et Rosmerta   ont été   retrouvées  près   de la   source Georgenbrunnen.    

Puis arrive   la chute de l’empire romain et l’installation des populations   franques en Alsace qui cohabitent avec la population gallo-romaine.
Là aussi  6 sarcophages   ont été retrouvés  près de la même source Georgenbrunnen. Ils contenaient des squelettes , une épée et quelques bijoux. Ils peuvent être   datés de vers 650 ap. JC.  A noter la  chapelle  qui abrite  cette source, édifice  qui pourrait être du XV° siècle.    

Au Moyen Age, le site de Châtenois au débouché de 2 vallées vosgiennes ( St Marie et Villé)  est stratégique puisqu’il permet de contrôler  le passage vers la Lorraine.
Bien sûr, il fallait un lieu fortifié pour   pouvoir  prétendre jouer un rôle stratégique. En 1138  une  famille  noble  Von Kestenholtz  est citée. Elle  habitait certainement  le  château, peut-être implanté  à l’emplacement de  l’actuelle  église,  château  dont  la base  du clocher actuel aurait été le donjon, daté  de  par sa  structure du 12° siècle.  L’église primitive  peut être consacrée  à St Pierre  se  serait  trouvée  dans  la  partie  nord  de  l’actuel  cimetière  fortifié.
C’est ainsi que Châtenois  possède le plus grand cimetière fortifié d’Alsace  qui outre l’église et le cimetière  englobait toute une série d’habitations . L’enceinte  intérieure du cimetière  fortifié  a  été construite  vraisemblablement entre 1200 et 1250  et remaniée  postérieurement.
Cette enceinte  était défendue par plusieurs  maisons fortes  occupées  par  des  vassaux  castraux. . Le presbytère actuel occupe l’emplacement d’une de ces demeures nobles.
Vers  1400, l’évolution de  l’armement a   amené  l’évêque  propriétaire  de Châtenois,   a  construire  une  seconde  enceinte.
La structure médiévale du cimetière fortifié   de  Châtenois    avec   un double fossé et un double rempart, actuellement en cours de restauration reste  parfaitement visible  pour le  promeneur qui    découvre  le site. 
Dans ce même quartier se dresse encore un  impressionnant pignon   du Moyen- Age , probablement   construit entre le XII°  et le XIV°   qui  a  été le siège de l’administration  seigneuriale  ( Herrenhaus)  . C’est vraisemblablement dans les dépendances  de ce bâtiment que l’évêque battait monnaie à Châtenois   dans un atelier monétaire  cité  entre 1296 et 1306. Pour accéder  à ce cimetière fortifié  il n’existait qu’un seul accès   qui est la porte tour aujourd’hui   dénommée Tour des Sorcières  et qui  avec le clocher  si particulier, est l’emblème de Châtenois à travers toute  l’Alsace.   

En 1298  le village fut brûlé par les habitants de Sélestat parce que les Castinétains avaient détourné la rivière,  en l’occurrence le Muhlbach .
En 1410, l’évêque trop endetté  vend le village au Grand Chapitre de la Cathédrale de Strasbourg qui restera le Seigneur de Châtenois  jusqu'à  la Révolution.
En 1444, Châtenois est occupé par les Armagnacs commandés par le dauphin de France, le futur  Louis XI.

 

Les bâtiments
La paix revenue, les Castinétains  construisent en 1496  l’actuelle Mairie, siège de l’administration municipale, par opposition au pignon  précédemment cité   et siège de l’administration seigneuriale. Ce bâtiment Renaissance  est surmonté d’un clocheton  . L’appel de la cloche  sonnait le rassemblement des bourgeois .
5 ans après, en 1501, c’est l’auberge de l’Aigle  qui est construite, imposant bâtiment Renaissance  voisin de la mairie. Dès la fin du XVI°  siècle ce bâtiment s’appelle, comme  aujourd’hui encore  l’auberge de l’Aigle.
A noter que le village  n’était pas entouré de  remparts en pierre, mais uniquement d’une levée de terre et d’un fossé. 4 portes  dont ne subsiste que la porte Est   en permettaient l’accès.
Châtenois échappe  à la destruction en 1525 lors de la guerre des paysans, malgré le massacre  par le duc de Lorraine   de plusieurs  milliers de paysans  à ses portes   au lieu-dit Krefzen, entre Châtenois et Scherwiller.
Par contre, Châtenois  est   incendié  par les Suédois   qui prennent le village en 1632. Disparaît alors  le siège de l’administration   du Grand Chapitre   dont il ne reste plus que le pignon mentionné plus haut.  La commune restera suédoise jusqu’au rattachement à la France en 1648. 
Arrive l’heure de la reconstruction et beaucoup des maisons anciennes  datent  de la fin du XVII° et de la première moitié du XVIII°.  C’est aussi en 1698  la  construction de  la  chapelle Ste Anne et en 1709 de la chapelle Ste Croix. Malgré les dévastations  de  la  Guerre de Trente Ans   quelques rez de  chaussée  de maisons  du XVI°  subsistent

 

La réalisation de l’enceinte fortifiée de Sélestat par Vauban à partir de 1681 amène à creuser un canal entre cette ville et Châtenois pour le transport du granit du Hahnenberg. Son tracé est parallèle  à celui de l’actuelle RN 59.

 

Au XVIII°  Châtenois connaît une forte expansion démographique qui   oblige  à reconstruire l’église. C’est ainsi qu’en 1761  est achevée  l’église St Georges actuelle.  Seul le clocher de   l’église médiévale est conservé, avec ses échauguettes très caractéristiques de Châtenois.
Le chœur   est baroque, ce qui est  rare en Alsace.( A l’exception de l’église d’Ebersmunster. ) 

La Révolution amène nombre de tensions à Châtenois.  Ainsi les révolutionnaires menacent-ils de  jeter leurs opposants  surnommés les jaunes  par les fenêtres de la Mairie.
En 1792, l’église et la  chapelle sont louées comme entrepôts, les cloches sont  démontées.
En 1793, le maire, l’instituteur et le sacristain  sont arrêtés  et emprisonnées pendant que  le commissaire accompagné  des 13 cavaliers ayant participé  à l’arrestation se restaure aux frais de la Commune !  

L’économie.
Les événements de   la Révolution et l’expansion démographique  obligent la population à chercher d’autres revenus  que le seul travail de la terre et de la vigne. Déjà au XVIII°  siècle de nombreux Castinétains   étaient tisserands  parallèlement au travail de la terre.
Dès 1820, sous l’impulsion de la famille WOLBERT des ateliers   de métiers  à tisser se créent et très  vite  passent sous le contrôle des grandes familles manufacturières de Sainte Marie aux Mines.
C’est le début d’une épopée industrielle  qui   liera Châtenois et le textile  jusque   dans les années 1970. Cette activité perdure  même, de façon très spécialisée,   dans  l’entreprise HARTMANN .
Ainsi Châtenois   acquiert  un caractère plus ouvrier que ses voisines Scherwiller   et Kintzheim  restées très longtemps  presque exclusivement rurales.
A côté  du textile Châtenois développe dès  le  XVIII°  siècle  d’autres  activités  originales  comme   la  meunerie ( 11 moulins  en activité  au 18°), les papeteries ( du 18°  à vers 1840) , les fabriques de cigares  au début du XX°, les tuileries dès le moyen-âge  avec un développement industriel aux XIX° et XX, une brasserie   du 18° au 20° , ° ainsi  que  de  nombreux  ateliers artisanaux.
Châtenois est un véritable centre industriel au début du XXème siècle.
 Cette activité industrielle a permis de fixer la population et a même attiré   de nouveaux habitants .
En 1866, à son apogée, la cité comptait 4 062 habitants. L’émigration vers l’Algérie   et l’Amérique   a concerné un certain nombre de familles pauvres  à cette époque.

 

Le XIX° et le XX° siècles.
Ce développement rapide  de la population  incita  à construire   une nouvelle école, l’école actuelle, bâtie en 1867.
En 1879, le 4 août, un violent incendie  éclate qui va détruire  120 maisons  situées du côté ouest de l’axe principal. Châtenois  a ce jour-là perdu une  partie de ses bâtiments historiques.
En 1911, un second incendie détruit    29 maisons dans le quartier dit Storckennest.
La densité des habitations  et leur imbrication explique ces lourds   bilans.

 

Les Bains
Les bains  de  Châtenois  connus  dès  le  moyen-âge  deviennent    un haut lieu  mondain suite  à la  construction d’un hôtel  et d’un centre de  bains  en 1875  par la  famille PETITDEMANGE. Jusqu’en 1904, des bains médicaux dits « Badbronn » et « Heinrichsquelle » attiraient des foules de curistes à Châtenois.  Cet établissement attire une clientèle  européenne  mais est ravagé  par un incendie  en 1904  et ne  s’en remettra plus.  

 Suite à ces drames, la  population périclita jusqu’en 1936 et depuis son augmentation est régulière pour compter   actuellement    environ 3600 habitants 
Comme toutes les autres communes alsaciennes Châtenois  a connu lors de la dernière guerre le drame des malgré-nous, les plus jeunes incorporés de   force  n’ayant pas  16 ans  lors de leur départ !

 

Le XX°  siècle est aussi le  siècle du e grand développement urbain  de  Châtenois ; surtout après la deuxième Guerre Mondiale. Profitant essentiellement de la décentralisation de Sélestat, sa surface a plus que triplé en 30 ans, soit par ses lotissements ou habitat pavillonnaire. Sa population a fortement progressé à la fin du XXème siècle, et sa croissance reste très vive alors que s’esquisse une agglomération de Sélestat dans le cadre d’une communauté de communes où Châtenois représente le deuxième grand pôle après Sélestat. 

Dans les   réalisations  architecturales les plus marquantes de l’époque contemporaines, on peut citer la maison de retraite, le complexe multifonctions et la nouvelle école maternelle ainsi que  les  établissements  spécialisés  dans  l’accueil  des  handicapés construits  par l’APEI.

 

Ban et agriculture
Le ban de Châtenois, qui englobait jusqu’en 1926 l’annexe de La Vancelle devenue à cette date commune indépendante, possède une superficie de 1 340 ha (1470 ha avec la voirie nationale et départementale) dont 170 ha de vignes (presque la moitié appartiennent a des habitants de Scherwiller et de Kintzheim) et de 189 ha de forêts soumis au régime forestier. La principale activité agricole est la viticulture . 

Economie + Emplois  
Châtenois peut offrir de nombreux emplois à ses habitants . L’aménagement de la zone d’activité  du Sultzfeld  et  celui de la zone Grube  a permis l’implantation de nouvelles industries pourvoyeuses d’emplois.

 

  

Luc ADONETH, mai 2002 complété  octobre 2006       


LES ACTES MIS A VOTRE DISPOSITION

Baptèmes et Naissances  > de  1719 à 1906

Mariage > de 1738 à 1906
Décès > de 1685 à 1906

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